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Le crépuscule s'installe peu à peu, lorsque
une jeune fille apparait aux portes de Cilciùm.
Elle secoue ses jambes aux muscles nouées, et
rajuste son bardas sur ses épaules qui s'affaisent de
fatigue.Elle lève son regard et englobe d'une vue
générale la ville qui s'étend devant elle.
Enfin..Enfin je suis arrivée! J'y suis
arrivée! Après un regard furtif par dessus
son épaule, elle s'avance d'un pas en murmurant:
Espèrons que les rumeurs qui courent sur toi sont
vraies, Cilciùm! Que je sois enfin libre et que je puisse
punir tout ces crimes! Ils pairont, je m'en fais la promesse...
Jamais je n'oublierai...
Elle secoue la tête comme pour sortir d'un songe, et d'une
démarche décidée, s'enfonce dans l'agitation
bruyante régnant dans les rues de la ville.
Cilciùm est quelque peu particulière,
dérengeante par les contrastes qu'elle présente.
Ancienne cité médiévale, le tourisme y
est propice, et s'y est fortement dévelloppé.
D'immenses buldings accompagnés d'hôtels de luxes se
sont construits de parts et d'autres.
Attirées par cette apparence majestueuse et festive, de
nombreuses familles fortunées se sont installés dans
ce paradis.
Mais dans les ruelles oubliées et sombres se trouve
encore une population miséreuse, qui était
autrefois source de vie dans le chateau, dans les champs,
aujourd'hui rasés pour laisser place à des
palaces 4 étoiles.
Pendant que les anciens rêvent, dans leurs bicoques, sur
des souvenirs venant de leurs ancêtres, d'une vie qui n'ont
jamais pu connaître mais dont ils imaginent les saveurs; les
plus jeunes se battent pour faire vivre leur famille et se faire
une place dans cette société qui ne donne qu'aux
mieux portants.
Les moyens utilisés ne sont pas toujours très
légals, mais que peuvent ils y faire? C'est ça ou..la
rue.
Enfin, pas vraiment.
La rue, ils connaissent déjà. Les pavés,
ils les sillonent des jours et des nuits durant. Cela est devenue
une habitude, un quotidien, avec le temps, on se rend compte qu'un
porche n'est pas si sale pour dormir, que le sol n'est pas si dur
pour s'assoir...
Ils en n'envient plus ces bourges qui passent devant eux. Parce
qu'eux, ils sont libres, attachés à aucun bien
matériel, ne sont pas dépendant de ce putain de fric.
Ils savent profiter des choses simples, à leur juste valeur.
Et même si au final, ils ont besoin d'argent pour vivre,
nourrir les leurs, la vie de vagabond n'est pas si dur que ce que
l'on pourrait penser.
Un jeune homme s'avance, sûr de lui, dans un passage
nauséabond. Il débouche dans une cour assez
spacieuse. Des jeunes autour d'un feu, peuplent cette place
secrète. Une ambiance chaleureuse se dégage
de ce groupe, que l'on pourrait juger comme
agressif. Les hommes, pour certains rasés,
avaient divers piercings, tatouages, et une musculature
prononcée. Les femmes, maquillées parfois
outragements, n'avaient rien de tenues "softs". Cuirs,
résilles, chaînes, piques, newrocks, ou encore cheveux
teintés de couleurs inimaginables... Une bande de grunges,
une bande de voyous.
Mais quand on les regardaient un par un...
Marie et son visage d'ange, sans make up, mais que l'on prenait
pour une prostituée par ses vêtements plus que
provocateurs.
Liam, fan des piercings, d'allure arrogante, mais d'un regard
qui trahit la tendresse qui déborde de son coeur.
Tristan, battit comme un garde du corps, rasé, on aurai
dit un militaire, mais quand on l'entendait jouer de la guitare..
Les sentiments nous prenaient à la gorge.
Flavie, pot de peinture, folle sur les bords, est l'humouriste
du groupe, qui vendrai corps et âme pour les personnes qui
lui sont chères.
Et leurs frères, et leurs soeurs...Tous ayant un style
particulier, et un détail propre qui les
révélent humains, peut être trop.
Autour du feu, ils rient, écoutent les mélodies
que Tristan tire de sa guitare, se réchauffant le sang avec
de l'alcool, et certains planent dans leur coin.
Le jeune homme qui s'était arrêté pour les
regarder, s'avança vers eux, fier de ces amis digne de ce
nom, de ce monde qu'il connait mieux que lui même, qui lui
appartient.
Il se penche pour effleurer les lèvres d'une demoiselle
rousse, d'une beauté explosive.
-Salut Cynthia.
-Salut mon beau, répond elle d'une voix
sensuelle.
-Hé! Lauriant! T'étais où?
Le concerné se retourne vers une petite fille, le regard
cerné de khôl. De surprise il s'écria,
énervé:
-P*tain! Qui c'est qui l'a transformée en catin?!
Flavie, j'en ai rien à foutre de ce que tu te mets sur la
tronche, mais je t'interdit de toucher à ma soeur, okay?!
Elle a 9 ans, bordel! Elle s'amusera avec ta peinture quand elle
sera capable de le faire elle même!
-Désolée si monsieur n'est pas content.
Mais jte ferai dire que c'est aussi ta faute! Elle m'a
suppliée sous prétexte qu'elle te plairai plus comme
ça. C'est ça de tourner la tête à ta
propre soeur, Don Juan! S'pèce d'insestueux!
Il soupire d'agacement, puis avec un doux sourire
s'accroupit devant la fillette.
- Tu sais que je t'aime telle que tu es, ma belle.
Et ça pour toujours. Alors n'essaye pas de changer pour
me plaire, parce qu'à mes yeux tu es parfaite,
frangine.
Il l'avait dit avec tellement d'amour, que toutes les femmes
présentent autour étaient émues. Lauriant,
c'était ça. Ce mec qui avait toute la gente
féminine à ses pieds, et qui le savait. Parce qu'il
était tellement séduisant. Il était conscient
de son ascendant sur les gens et s'en servait. Froid et dur comme
l'acier quand on allait à l'encontre de lui, chaleureux et
aimant quand on était de son côté.
Sentant les regards posés sur lui, il decide d'en
rajouter en prenant la petite Laure, aux anges, dans ses bras.
Il les domine, et il le sait. Les hommes l'envient et le
respectent, les femmes ne refusent rien de lui. Il sourit en
pensant à ce pouvoir qu'il détient sur ces personnes.
Oh! Il les apprécie réellement, et ce n'est pas que
de la manipulation, mais il préfère rester en
situation de force, et être celui qu'on écoute.
Grâce à cette relation, il peut gérer les
problèmes comme il l'entend, et assurer le meilleur pour
tous. Parce que sans lui, ils ne sont rien, mais surtout, sans eux,
il n'est rien.