Tristan se promène, heureux d'avoir fini ses "transactions", lorsqu'il aperçoit une silouhette famillière, recroquevillée dans un coin. Il soupire, mi rieur, mi navré.
-Bah Cristal! Qu'est ce qui se passe?! Tu sais que ça va faire la deuxième fois que je viens te sauver?
-Me sauver? Comment ça?
-Ben....oui! La première, de Karl, et la deuxième, maintenant, de toi même! Il ne faut jamais se laisser aller sur des pensées trop sombres tu sais... Après, on n'arrive plus à s'arrêter, et on finit par se détruire... Remuer le passé, c'est pas bon! Ca n'apporte rien au moral, ni au présent d'ailleurs. Jte demande pas d'oublier, jte demande de faire avec...
Cristal, de méchante humeur, s'énerve encore plus à ces propos:
-Non mais de quel droit tu me juges?! Qu'est ce que tu connais de ma vie? Rien! T'imagines même pas c'que j'ai enduré! Alors tes belle paroles, j'en ai rien à foutre! "Il faut faire avec"...Mais écoutes toi! J'ai l'impression d'être détruite, t'entends ça?!
Sa voie commence à trembler, ses yeux s'humidifer. Comment tu réagirai toi, si un matin tu ouvrai les yeux et tu te rendai compte que tu n'as plus rien, aucune raison de vivre?! Rien à part cette putain d'envie de te venger?! Tu crois que tu réagirai mieux que moi? Tu continuerai ta vie normalement, malgré tout?! Oh! Il fait beau aujourd'hui, sortons mon grand sourire et mes discours moralisateurs!
Contrairement à toute attente, Tristan ne semble pas ému par cette tirade, ni en colère. Il secoue la tête et souris.
- C'est là que tu te trompes. La vengeance, dans le fond, qu'est ce que ça va t'apporter? Rien à part du dégout de toi même. Jvais pas m'amuser au concours de celui qui à le plus souffert dans sa vie, c'est puéril. Aucun d'entre nous n'a eu une vie facile, ne l'oublie pas. C'est pas pour autant qu'on va en oublier de rire. La misère, jl'ai connue avant toi, mais tu vois, jm'en plains pas, jm'en suis bien sortis puisque je suis toujours là. Jpense que chaque épreuves qui nous sont destinées, on peut les surmonter. Question de volonté et de force. Si au fond de toi, tu ne trouves ni l'un ni l'autre, autant aller te pendre, hein ma chérie! Mais t'inquiètes, t'en ai pas à là, tes larmes que tu cachent le prouve.
Cristal prends une grande inspiration. C'est dingue comme Tristan est perspicace, c'est dingue comme il sait trouver les mots justes, qui savent la toucher alors qu'il la connait que depuis deux jours. Il lit en elle comme dans un livre ouvert. Pourtant, il n'a pas tout à fait raison, mais il ne peut pas savoir... Son visage redevient calme, plus aucunes marques, pouvant trahir sa colère et sa douleur, ne persistent. La métamorphose est assez choquante.
-Hé! Ptit bout! Pas besoin de prendre ce masque avec moi! Tu as le droit de me montrer tes émotions! J'veux juste qu'elles ne te bouffent pas. Mais on a encore le droit de s'exprimer, encore heureux!
- Non, mais tu as raison! Je vais très bien, ne t'inquiètes pas!
Le pire, c'est qu'elle parait sincère, pense Tristan. Mais il s'inquiète pour elle. Il a beau être impressioné par cette force de caractère, ce côté battant, cette maturité, il n'arrive pas à savoir quelles sont ses réelles convictions, et où tout cela va la mener.
Agacé et résigné, il secoue la tête, il est encore trop tôt.
-Bon allez, j'y vais! Gagne ta coûte, ça t'occupera! Rajoue t'il en lui passant sa guitare.
Dans un petit rire, elle s'empare de l'objet. Elle plaque quelques accords, puis mêle sa voix à la mélodie.
Les passants, curieux, s'arrêtent pour écouter cette jolie jeune fille charismatique. Elle les entraine loin grâce à sa musique, ils y retrouvent la chaleur de l'Argentine, la sensualité de l'Espagne. Séduits, la plupart lui laissent quelques pièces, avant de retrouver leurs emplois du temps pour la plupart trop chargés.
yuyu
mer 04 jun 2008 23:04